Bisoulogie

Petite expérience du jour: prenez un sujet simple. Nous prendrons comme exemple le baiser, en tant que contact entre des lèvres et une quelconque surface de peau. Demandez à des scientifiques d’horizons divers de décrire en quoi le baiser intervient dans leurs recherches, et vous obtiendrez un mash-up aussi aléatoire que fascinant…

Point de vue d’un historien: (l’histoire peut effectivement être considérée comme une science à certains égards)

Cette vidéo très instructive m’a été relayée par @mathildeD_V, et a été créée par France 5. C’est un très bel exemple de vulgarisation en histoire, qui donne un point de vue sur le baiser plutôt ironique.

Point de vue d’un sociologue: (ici encore, la sociologie est considéré comme une science sociale)

Dans leur article Le premier baiser, Denise Medico et Joseph Josy Lévy abordent la problématique du premier baiser par l’étude de questionnaires provenant de différents pays. Ils concluent après des analyses quantitatives et qualitatives de ce corpus de données qu’il existe 3 types de « premiers baisers »:

  • le premier, intervenant dans l’enfance par le biais du jeu de « cap ou pas cap », serait un marqueur social instauré dans les groupes. Les individus seraient ainsi « triés », entre ceux qui n’ont pas peur de le faire, ceux qui peuvent facilement embrasser plusieurs partenaires, ceux qui ont peur, etc…Ces baisers ne sont en général pas connotés sexuellement, et la moyenne d’âge du premier baiser est 10 ans et 9 mois. Conclusion: cela corrobore parfaitement ma théorie selon laquelle les gosses sont des instruments du diable doués d’un esprit pervers.
  • le second type de baisers apparait à l’âge moyen de 14 ans et 1 mois en moyenne, et est connoté par une dimension romantique. En effet, ces premiers baisers acquièrent un certain romantisme, dans le sens où ils ont maintenant un sens caché du type: « jte kif 2tro » « JTM » et autre lolilol-kikoo-<3<3<3. Et c’est donc à partir de cette phase que les mecs commencent à lâcher l’affaire, les contenus implicites étant de toute évidence bien trop complexes à déchiffrer pour eux (comment ça, moi, rancunière ???).
  • le dernier type de premiers baisers concerne tous ceux qui interviennent après, et sans la connotation amoureuse implicite. Ici, les auteurs le nomment « baiser érotique ou corporel« , car il est censé délivrer un message beaucoup moins subtile que le précédent: « MOI VOULOIR FORNIQUER ». Nous remarquerons que ce message est en général très bien interprété par la gente masculine.

Cette analyse du baiser est certes beaucoup moins rigolote que celle de notre historien, mais au moins elle aura peut être permis à certains d’y voir plus clair dans la jungle de l’échange salivaire. Tiens et tant qu’on y est…

Point de vue d’un épidémiologiste:

Joël Mossong et ses compères ont publiés un article en 2008, décrivant le baiser comme un des vecteurs de transmissions de pathogènes les plus fréquents chez les populations dites « jeunes ». Traduction: « les gens vous nous faites chier à vous rouler des pelles, ça fout en l’air tout notre taf et ça met en péril la survie de l’espèce ». Je me permets de nuancer: pas si ces pelles sont considérées comme des baisers érotiques/corporels, finissant en partie de jambes en l’air ;)

On pourrait continuer comme ça pendant très longtemps, en incluant par exemple le point de vue d’un chercheur en communication, qui vous dirait surement que le baiser est plus ou moins présents dans les séries américaines ou autre. Tout ça pour dire, la science est merveilleuse, un seul sujet peut donner lieu a tellement d’interprétations que s’en est étourdissant. Alors allez-y de bon cœur mes chers Internautes, faites comme moi et embrassez la science !

Gaydar update

Saviez-vous que nos voisins allemands ont une manière assez particulière pour « noter » l’attractivité de leur congénères? Alors que des gros lourdauds français vous lanceront un « hey mademoiselle, t’es fraîche/mignonne/bonne », l’allemand montrera discrètement à ses potes un nombre de phalanges. Le rapport entre les phalanges et la sexytude de quelqu’un ? Et bien, ce curieux système de notation correspond en fait aux nombres de phalanges que vous seriez prêt à perdre pour vous faire la-dite personne. Astucieux, non ?

N’empêche, je vous conseille pas de vous couper vraiment des phalanges pour prouver votre attirance pour quelqu’un. Outre la peine, et les taches de sang difficiles à enlever, des doigts ça peut servir: pour se curer le nez ou encore stopper le hoquet de votre voisin. Ça peut aussi constituer la nouvelle update pour votre application gaydar interne.

Merci Marc Breedlove et son équipe : ces scientifiques ont, en 2000, pris les empreintes des mains de 720 personnes et leur ont demandé quelle était leur orientation sexuelle. Après de savants calculs, ces chers scientifiques ont trouvé que le rapport digital d’une personne pouvait être l’indicateur de son orientation sexuelle. Non, le rapport digital n’est pas un acte sexuel mettant en scène un doigt et la pénétration d’un orifice quelconque. Bande de petits pervers. Explications.

Le rapport digital d’une personne est la longueur de son index divisée par la longueur de son annulaire. Chez les hommes, ce rapport serait en général de 0,95, alors qu’il serait de 0,97 chez les femmes. Et les lesbiennes auraient eu un rapport de 0,96. Pour les gays, au premier abord, Breedlove n’a pas trouvé de différence comparé au rapport des hétérosexuels. Mais en regardant les rapports digitaux en fonction de l’ordre de naissance dans la fratrie de ces hommes, ils se sont rendus compte que les homos ayant deux ou trois frères plus vieux avaient un rapport digital plus faible. Le Birth Order Effect a encore frappé !!!!

Plus sérieusement, cette drôlerie serait en fait provoquée par un phénomène hormonal. On a déjà vu dans mon article Gaydar 2.0 que le taux d’hormones dans la poche fœtale varie lorsque qu’une femme a plusieurs grossesses. Cette variation aurait un impact sur la détermination de l’orientation sexuelle d’une personne et également sur la croissance de ces doigts. CQFD.

Alors oui, je vous entends d’ici « nan mais attends Sayane, tu te rends compte de l’infime différence entre ces nombres ? Elle est nulle ton update. » Ce à quoi je réponds: J’ai pas dit que cette update serait facile d’utilisation. Arrêtez de faire vos feignasses, et sortez vos doubles décimètre.

L’orgasme de la discorde

Internaute mon chou à la crème,

Je suis désolée d’avoir tardé à publier à nouveau. Le fait est que, aussi incroyable que cela puisse paraître, j’ai une vie en dehors du blog. Et même pire, je fait des études. Donc voilà, j’ai été un peu moins présente à cause d’une semaine chargée, mais je suis de retour ! Alors aujourd’hui je vais vous conter l’histoire incroyablement mouvementée de la recherche scientifique sur l’orgasme féminin.

Il était une fois les femmes et leur plaisir. Durant des siècles, les hommes, loin d’être complètement idiots, avaient remarqué que lorsque que leurs épouses/bonnes de chambres/meufs étaient stimulées de la façon adéquate (que ce soit par les gencives, les sourcils ou le clitoris), celles-ci se rendaient capables de vocalises dignes de la meilleure chanteuse d’opéra. Cependant, alors que l’orgasme masculin était communément admis comme étant indispensable à l’activité reproductive, l’orgasme féminin demeura pendant de longs siècles très mystérieux aux yeux des scientifiques. Notre histoire se déroule donc dans les méandres de l’intimité des femmes. Prenez vos cartes, bottes et lampes torches, ça risque de glisser.

Les premiers curieux à s’interroger sur l’intérêt de l’orgasme féminin ont débuté leurs travaux dans les années 1900. A cette époque, une théorie se répandit très rapidement dans la communauté scientifique : « the upsuck theory » (qui signifie « la théorie de l’aspiration »). Selon cette merveilleuse théorie, les contractions ressenties durant l’orgasme, qui ont lieu dans les parois du col de l’utérus, servaient à aspirer le sperme afin de l’amener plus efficacement vers les trompes, pour faciliter la fécondation. L’orgasme étant donc considéré comme un moyen d’améliorer la fécondité des femmes, le plaisir de celles-ci, on vit fleurir à cette époque les manuels à l’usage des hommes pour titiller leur partenaires de la manière la plus agréable possible.

Sauf que BADABOUM PATATRAC, les années 1950 sont arrivées, et Masters et Johnson nous ont cassé la baraque. Ces deux compères étaient des sceptiques de la théorie de l’aspiration, et ont donc conduit une suite d’expériences pour démontrer leur point de vue. Ils ont demandé à des femmes, précédemment inséminées avec du faux sperme détectable aux rayons X, de se masturber. Après les vocalises de ces dames, victoire pour les deux hommes: le faux sperme n’est pas remonté.

Nouveau rebondissement en 1995 : Baker et Bellis mènent une série de nouvelles expériences. Ils arrivent à la conclusion que l’upsuck pourrait bien finalement exister, si tant est que l’orgasme de la femme ait lieu après celui de l’homme. APRES celui de l’homme. Tout le monde sait très bien que c’est mission impossible de motiver un mec qui vient de se recevoir un shoot de dopamine dans les neurones.

Aux dernières nouvelles, une femme (ENFIN), Elisabeth Lloyd, s’est insurgée en 2005 contre toutes ces prétendues recherches scientifiques. Selon elle, les 20 explications sur l’existence de l’orgasme féminin précédemment avancées sont fausses, et relèvent d’une pratique scientifique très pauvre. Les cas seraient mal documentés, et ne s’appuieraient que sur quelques exemples. Elle avance en revanche que l’orgasme féminin serait une relique embryonnaire. En effet, dans les premières semaines de la vie utérine, filles et garçons ne sont pas différenciés. Tous les embryons recevraient donc la capacité de jouir, au cas où, comme pour les tétons des hommes, qui sont là car il fut un temps où ils n’étaient pas encore des mâles. L’orgasme féminin serait donc une lumière que la nature a oublié d’éteindre, et non une adaptation évolutive pour augmenter notre chance de concevoir.

L’histoire n’est donc pas terminée. Il faudrait maintenant que nos héroïnes en blouses blanches prennent le dragon par les cornes, et nous donnent une fin digne d’un bon film de cul.

Image: par Mysid pour le Gouvernement Américain

Et pine !

Bon alors ce soir, pour changer, je vais vous parler de…pine. pénis. zgeg. braquemart. dard. teub. ENCORE. Oui, j’en suis désolée, mais je trouve beaucoup plus de choses à vous dire sur ce sujet (et, j’avoue, ça me fait plus marrer, allez savoir pourquoi).

Bref, savez-vous ce qui nous différencie des singes ? « Les puces ». Soit. Mais encore ? Niveau sexuel ? « Les partenaires TRES multiples ». Soit. Quoique, ceci ne s’applique pas à tout le monde…Bon, allez, je vous aide. Les épines sur le pénis.

Figurez-vous que nos cousins les singes mâles sont dotés d’épines sur le pénis. Il ne vous aura pas échappé que nos mâles à nous en sont dépourvus (Dieu soit loué !). On ne sait pas encore pourquoi ce changement évolutif a perduré chez les humains. En revanche, David Kingsley et Gill Bejerano, de l’Université de Stanford en Californie, ont découvert d’où venait cette mutation. En étudiant les 3% de gènes qui diffèrent entre l’homme et le singe, ils en sont venus à analyser les protéines produites par ces gènes. Ils ont notamment trouvé une molécule présente chez le singe, qui permet le développement et la croissance de poils sensoriels (comme les moustaches d’un chat), ainsi que celle des épines du pénis.

Mais à quoi servent les épines du pénis (question Ô combien épineuse) ? Selon le site web de la BBC, ce genre de gadgets servirait à briser des sortes de bouchons vaginaux que les mâles laissent dans leurs partenaires après les avoir fécondées. C’est un peu la même chose que quand vous rebouchez le pot de confiture après l’avoir utilisé. Deuxième idée: ça pourrait servir à bien s’accrocher à la femelle, comme chez les mouches (larguez l’ancre moussaillon, on s’arrime !!).

Il y a donc environ 7 millions d’années, la lignée des hommes et celle des chimpanzés se séparaient. Cette séparation marquait la perte des épines du pénis chez nos mâles, pour notre plus grand bonheur, et plaisir. Cette mutation a notamment permis l’élongation des rapports sexuels humains, ce qui a participé au renforcement des liens affectifs entre hommes et femmes. Belle histoire, non ?

Allez, pour la peine je déclare que la semaine prochaine sera la pussy week: que des histoires de minou au programme. Votre mission, si vous l’acceptez: me trouver le thème de la semaine suivante.

photo: Euphorbia virosa, par Frank Vincentz

Discussions vaginiques


D'après Elf Sternberg

Le vagin. Drôle de bestiole. Selon Wikipédia, ce mot vient du latin vagina, qui signifie « fourreau » (fourreau ? sérieux, fourreau ? mais c’est quoi ces égocentriques de latinos qui prennent leur bite pour une épée ?!?), et est l’organe femelle de la copulation, ainsi que le canal de la mise au monde chez les mammifères. Mouais. On a déjà fait plus sexy comme approche. Et d’ailleurs, qu’en pense les principales intéressées, les femmes de tous bords et tous horizons ?

C’est exactement la question que c’est posé Margaret M. Thompson dans son étude sur les perceptions et la connaissance des femmes de leur propre vagin (article publié dans American Society for Reproductive Medicine en 2006).  Notre scientifique du jour est donc allée interroger 1117 femmes aux USA, et bien que toute cette étude soit passionnante, je vais ici vous en présenter deux points particulièrement intriguants.

Dans une partie consacrée à la relation femme vaginée-médecin traitant, Margaret (oui tu m’excuseras Maggy, je t’appelle par ton petit nom) nous expose le résultat suivant: 41% des femmes interrogées se sentent très, voire extrêmement, confortable à parler de la taille de leur vagin avec leur médecin.  Alors outre le fait que je ne vois pas très bien pourquoi on irait parler de la taille de son vagin avec son médecin, je vais encore me répéter mais: c’est quoi votre problème avec la taille de votre sexe les gens ??? Que celles qui lisent ce post m’expose leur point de vue là-dessus, parce que là je me sens un peu dubitative. Je ne parlerais jamais de la taille de mon vagin avec mon docteur, et pourtant je suis plutôt détendue du slip comme fille…

Les femmes sondées (interrogées quoi…pas sondées avec une sonde. oui enfin vous m’avez comprise !), qui se sont décrites comme étant très, voire extrêmement, instruites concernant leur vagin à 51% ont cependant été à l’origine d’un superbe FAIL quand on les a questionnées plus précisément. J’ai tristement appris que 46% d’entre elles ne savaient pas qu’un tampon ne pouvait pas rester « coincé », ainsi que 57% ignoraient que ces mêmes tampons n’étaient en aucun cas associés à des infections bactériennes. Mon seul espoir réside dans le fait que ces chiffres bien trop énormes à mon goût concernent peut-être celles qui se décrivaient comme peu instruites sur leur anatomie au début. Sinon « ça craint du boudin »…

Ainsi que le rappelle donc Maggy (oui, on est devenues intimes depuis le début de ce post…), bien que la société ait grandement évoluée face à son rapport à la sexualité féminine, il reste encore beaucoup à faire, tant au niveau de l’acceptation qu’au niveau de l’instruction.

PS1: Tiens et tant que j’y suis à parler de foufe, je vous conseille de suivre le très jouissif @Pussycalls sur Twitter ;) #FF

PS2: et pour les joueurs…voici les légendes de l’image

  1. Trompe de Fallope
  2. Vessie
  3. Symphyse pubienne
  4. Ligaments vésico-pubiens
  5. Clitoris
  6. Petites lèvres
  7. Vagin
  8. Ovaire
  9. Péritoine sigmoïde
  10. Utérus
  11. Cul-de-sac vaginal
  12. Col de l’utérus
  13. Rectum
  14. Anus

Préliminaires

Toi qui navigue assez aisément sur le web pour avoir trouvé ce blog caché au fin fond de la toile TripleW, je le sens sous mes doigts fébriles et mon esprit dépravé, tu as du temps à perdre. Alors que tu sois au travail ou au lit, à glander ou à abricoter, seul ou à plusieurs, je vais te gratifier d’un moment de bonheur que tu ne regretteras pas. Oui je sais, ma bonté me tuera.

Ce moment de bonheur c’est le lancement de ce blog, le bien nommé HARD Sciences (oui alors t’es gentil, tu le prononces à l’anglaise, ok ?). Pour les derniers de la classe, les sciences dures (« hard » se traduisant ici comme « dur » et non comme « film à caractère sexuel très poussé »), c’est une expression qui désigne les maths, la physique, la chimie, la biologie et la géologie.

J’entends déjà certain d’entre vous me conspuer « ‘tain mais y’a pas de cul sur ce blog ? jme casse ! ». Alors non, on ne parlera pas de cul sur les pages de ce blog (je lis la déception sur vos visages). Je m’évertuerai en revanche à vous faire parvenir les résultats des recherches scientifiques en cours dans un des domaines qui suscite le plus de résultats WTF : le SEXE chez les hommes (ne soyons pas sexiste ici, quand je dis homme, je pense au genre humain). Je glisserai également quelques liens vers des vidéos qui auront capté mon attention.

En te souhaitant un agréable moment mon très cher Internaute…