Le monde scientifique, comme tout domaine professionnel, est régulièrement secoué par des problématiques spécifiques. Des discussions récurrentes tournent autour de la sacro-sainte dichotomie qualitatif VS quantitatif. Vaut-il mieux s’accorder aux résultats d’analyses d’un grand nombre d’échantillons ou à l’analyse détaillée d’un petit nombre d’individus. Il semble bien suite à la semaine passée que la recherche sur la sexualité féminine soit encore une fois bien confuse sur ces notions, au détriment bien sûr de la gente féminine.Petit retour en arrière…Il y a de cela quelques jours, le Dr Adam Ostrzenski, chercheur américain, publia en grande pompe un article dans le Journal of Sexual Medicine décrivant sa merveilleuse découverte : il déclare avoir finalement avoir localisé le mystérieux point G si longtemps convoité. La dissection de l’anatomie d’une femme de 83 ans aurait permise de révéler un spot bien particulier dont la localisation nous a été brillamment exposée par Lucie Soullier :
« La petite cavité secrète du plaisir féminin se trouverait donc sur la face dorsale de la membrane périnéale, à 16,5 mm de la partie supérieure de l’urètre, créant un angle de 35° avec la bordure latérale de celui-ci. Vous avez suivi ? Plus d’excuse, c’est désormais très précis. »
Donc on récapitule…UNE étude, UN gynécologue, UNE seule et unique dissection sur une femme âgée de 83 ans et qui n’a jamais confirmé avoir eu UN seul orgasme de sa vie. C’est ce qu’on appelle un beau dérapage qualitatif.
Ah et tiens fillette : tu sais qu’il y a une app pour tout, hein ? Figure-toi que y’a aussi une app pour trouver ton point G. « Tournez à gauche. Au prochain gémissement, insistez.«
Pour aller plus loin et se détendre le périnée :
J’aime bien les pénis. On s’entend bien en général eux et moi. Une fois domptés ce sont de chouettes compagnons. Et même à l’état sauvage, je les trouve attendrissants. Bref. J’aime la bite. Et j’adule la Science. Alors quand nos amis les scientifiques se démènent comme des petits diables pour nous pondre des merveilles de traitement pour les membres de ces messieurs, je ne peux qu’approuver.
Prenons cette première étude, commentée sur Lepoint.fr le 25 Janvier dernier et provenant du journal Proceedings of the National Academy of Sciences. Alors qu’il s’amusait joyeusement à scarifier des pénis de rats pour les faire se courber (ouch, pas cool), puis à les traiter avec des greffons de porcs, Wayne Hellstrom s’est rendu compte que s’il saupoudrait le tout de cellules souches issues de tissus adipeux, les rats retrouvaient des membres sexuels fonctionnels rapidement. Et même mieux que ça. Le scientifique a noté une augmentation de 30 à 40% du diamètre des rats traités. Les cellules souches auraient rétabli le tissu érectile et amélioré la circulation sanguine. Ces résultats prometteurs ont précédés l’annonce d’essais sur les singes avant de passer à l’homme. Y’a des volontaires dans la salle pour gagner 30 à 40% de diamètre (et se faire scarifier le kiki…)????
Bon je vous sens pas super chaud là les mecs. Peut-être cette seconde étude réveillera votre vigueur. Dans une recherche dédiée à l’amélioration des rapports sociaux pour des patients, une équipe de l’University of California a refilé de l’ocytocine à snifer à un homme. Oui, bon, pourquoi pas. On sait déjà que l’ocytocine est produite par les femmes avant l’accouchement pour faciliter l’allaitement, et après l’orgasme chez les hommes et les femmes. On l’appelle l’hormone de l’attachement (c’est elle qui fout la merde entre vous et vos fuck buddies au passage. pute.) Donc l’idée était pas idiote. Sauf qu’au final, le monsieur n’a pas remarqué d’amélioration de sa vie sociale, mais plutôt une libido au top, et des érections de jeune homme un peu spontanées. Il n’en fallait pas plus pour appeler l’ocytocine inhalable « nouveau viagra », alors que cette étude n’a porté que sur UN SEUL sujet et nécessite de plus amples investigations…
M’enfin, on pourra pas dire que la Science vous laisse tomber messieurs, hein ? Imaginez un peu, si dans quelques années le remède à tous vos problèmes se révèle être un petit coup de scalpel dans le zgeg suivit d’un saupoudrage de cellule souches issues de votre gras de bide, pour finir par un bon rail d’ocytocine. On arrête pas le progrès, et encore moins la Science mes amis.
Quelle magnifique métaphore que voilà !!! Y a-t-il de meilleures façons de commencer une nouvelle semaine que de se poser cette question : Vous êtes plutôt courge ou abricot ? Pas que je me soucie de savoir quelles sont vos préférences culinaires, ou si le jardinage est votre passe-temps préféré. Ne faites pas les timides, vous commencez à me connaitre, vous savez où je vais en venir…sauf que je n’ai pas envie de parler de vos préférences sexuelles aujourd’hui, mais plutôt de la perception que vous avez de votre propre sexe.
Comment savez-vous si vous êtes une femme ou un homme ? La question parait simplissime au premier abord. Prenez juste 1 minute pour y penser. Qu’est-ce qui distingue un homme d’une femme ? Les réponses les plus immédiates qui vous viendront à l’esprit seront surement les suivantes : j’ai un vagin/un pénis ; des caractères sexuels secondaires propres aux hommes/aux femmes (tels que la barbe, des seins, une taille marquée, une voix muée, etc…) ; des chromosomes sexuels XX ou XY (codant respectivement pour des phénotypes femelle et mâle) ; des escarpins plein la penderie et/ou des tee-shirts du PSG qui en disent long…Le problème avec toutes ces réponses, c’est qu’en incluant certains individus dans un des deux groupes, elles posent également des limites à ce qui n’est pas inclus dans le groupe. Autrement dit, aux gens qui n’appartiennent ni vraiment à l’idée qu’on se fait du sexe féminin ou du sexe masculin : les hermaphrodites. L’hermaphrodisme, pour faire simple, c’est quand t’as l’abricot ET la courge. Ou une moitié d’abricot, et une moitié de courge. Ou l’aspect d’un abricot mais avec une courge planquée dessous. Ou…bref, tout les mixages possibles et imaginables entre un abricot et une courge.
L’histoire de la médecine, de la biologie, de l’étude du développement embryonnaire
et des théories de l’évolution se rencontrent en un point précis sur la discussion de la détermination des sexes. Il semble en effet que celle-ci ait fluctué. Plusieurs courants de pensée se sont succédés voire croisés depuis la Grèce antique. Et cette discussion sur la détermination du sexe biologique n’aurait jamais eu lieu sans les études répétées de cas d’hermaphrodisme au cours de l’histoire. En effet, en sortant de la norme, ceux-ci ont en quelques sorte obligé les scientifiques à déterminer ce qui était dans la norme, et donc à discuter les règles d’appartenance aux 2 groupes.
Si je vous parle aujourd’hui de courges et d’abricot, c’est parce que je suis en pleine lecture d’un livre appelé Hermaphrodites and the medical invention of Sex. L’auteure, Alice Domurat Dreger, m’a complètement convaincue du fait que d’un point de vue totalement biologique, chaque être humain est placé sur une sorte de continuum sexuel variant entre masculinité parfaite et féminité parfaite. Un peu comme lorsque que j’expliquais sur Sexpress que toutes les femmes ont des anatomies très variées les unes des autres. Pour preuve, regardez cet interview d’Hazel Jones sur ITV (en anglais), 27 ans, qui s’est rendue compte qu’elle avait 2 vagins.
La biologie n’est pas binaire. L’environnement (au sens large) peut influer le développement d’une personne. De la même sorte, l’anatomie n’est pas non plus binaire, et si vous voulez mon avis : on est tous des mélanges abricots/courges, et le monde se porterait mieux si on s’en rendait compte !
références : Hermaphrodites and the medical invention of sex de Alice Domurat Dreger, publié en 2000, Harvard University Press
photo: Hermaphrodite, fils d’Aphrodite et Hermès, statue de Pergamum, de Sandstein
Les dates de péremption signent la mort du plaisir. Enfin au moins du plaisir gustatif. Tout le monde s’est déjà retrouvé comme un con devant un gros pack de viande à manger pour la veille. Dégouté à vie d’une ingestion non-stop du même plat pendant les 72h qui suivent. De manière totalement antagoniste, on peut noter que les dates de péremption des plans culs ont tendance à pimenter l’acte sexuel. Tout le monde s’est en effet déjà retrouvé devant une superbe paire de fesse à tripoter pour la soirée. Enchanté pour quelques minutes (secondes ?) d’avoir le privilège de l’exclusivité totale de ce corps qui devient nôtre, mais qui bientôt ne le sera plus. Dans ce cas, on peut postuler que le caractère éphémère de la rencontre ne fait que rendre le tout bien plus excitant.
Mais qu’en est-il de l’amour ? Vous savez, celui avec un grand A (ahah laissez-moi rire…)(comment ça j’ai un cœur de pierre ?). Il semble que cette date de péremption-ci soit également sujette à de très nombreuses discussions et expérimentations, pour preuve en est l’adaptation du livre « L’amour dure 3 ans » de Frédéric Beigbeder (sorti le 18 janvier dernier sur les écrans). Les journalistes mondains ne sont pas les seuls à s’interroger : les scientifiques développent aussi des théories assez tranchées et opposant (une fois n’est pas coutume) les sciences exactes aux sciences humaines.
LES POUR
Les sciences exactes, et plus principalement les spécialistes des théories de l’évolution, des théories cognitives, voire les neuroscientifiques, s’accordent en général avec Frédéric Beigbeder. Le sentiment amoureux n’est pas censé durer beaucoup plus de 3 ans. Pourquoi ? Pendant ces 3 ans, les deux tourtereaux deviennent des junkies à l’ocytocine, l’hormone qui provoque l’attachement sentimental. On peut donc croire ces nigauds quand ils disent être « accro ». Sauf que, c’est là que le bas blesse : Dame Nature nous shoote afin de nous pousser à la copulation, et donc à la reproduction. Et 3 ans ça correspond à peu près au temps nécessaire pour forniquer assez pour concevoir, puis s’occuper ensemble du petit jusqu’à un âge où il pourrait survivre seul. L’amour hormonal, amour passionnel, nécessaire à la reproduction de l’espèce, et principalement dû à l’ocytocine ne serait donc voué qu’à s’éteindre après 3 ans de vie de couple (par une chute du taux de l’hormone dans le sang).
Mais alors pourquoi mes grand-parents sont restés ensemble toute leur vie et s’aiment encore ?
LES CONTRE
C’est là que les chevaliers des sciences sociales interviennent. En effet, l’ocytocine évoquée par les neurobiologistes a tendance à nous faire oublier les défauts de l’autre et à nous maintenir dans un état euphorique afin de nous faire procréer (l’ocytocine est une cochonne). De fait, après 3 ans de couple, les personnes se découvrent vraiment et apprennent à vivre et collaborer ensemble : c’est donc une nouvelle sorte d’amour qui débute. C’est en tout cas ce qu’ont avancé Daniel O’Leary et son équipe en 2011.
L’Amour n’a donc pas de date de péremption, mais vous aurez surement noté vous-même que sa nature change au cours du temps, faisant entrer en jeu différentes hormones et par conséquent différents sentiments et états amoureux. Enfin, ça reste entre nous, et rien ne vous empêche de balancer entre le fromage et le dessert : « Chéri, je crois que notre date de péremption est passée. Je ne ressens plus aucun shoot d’ocytocine pour toi. » Pratique et scientifique.
Remerciements : Je tiens à remercier @anaisle et @SH_lelabo pour m’avoir donné l’idée de cet article via une discussion sur twitter, ainsi que le support scientifique nécessaire.
Il a encore frappé ! Pitoum revient pour le second épisode d’HARDSciences selon Pitoum, et nous offre une vidéo qui pique sur la masturbation. Pourquoi reste-t-elle un sujet tabou ? Les scientifiques ont-ils joué un rôle dans cette dramatisation de ce geste si naturel ? Ou est-ce les religions ? Je vous met en garde cependant, cette vidéo est totalement NSFW (not safe for work=arrangez-vous pour que votre boss ne vous choppe pas, car cela pourrait être génant).
Pour les curieux, voici le film Turn me on dont parle Pitoum sur allocine.
Et pour ceux qui découvrent juste les prouesses de Pitoum sur HARDSciences, je vous conseille de jeter un oeil à sa première vidéo sur le clitoris :
N’hésitez surtout pas à nous faire parvenir vos commentaires et suggestions sur ces vidéos via les commentaires ci-dessous ou directement en me contactant par mail : sayane@hardsciences.fr
J’aime pas la Saint-Valentin. Non, vraiment. JE HAIS la Saint-Valentin. Passons tous les arguments usités contre la société de consommation et la sacralisation des petites attentions régulières qui réchauffent plus le cœur qu’un sextoy douteux offert entre les chocolats et la levrette. Non, décidément le romantisme ça me parle pas.
Moi je crois en la Science. Celle avec un grand S, qui s’amuse joyeusement à pourrir votre foi en l’Amour à grand coup de théories évolutives. Tiens, par exemple, prenons cet article de Eizaguirre C., Lenz T. L., Kalbe M., et Milinski M., chercheurs allemands de leur état, qui ont fraîchement publié un article passant en revue les relations entre immunologie et stratégie reproductive dans le règne animal. Ce texte nous permet notamment de remettre quelques principes de base en place:
Vous pensiez que vous trouviez ce mec mignon les ? Raté. Ce ne sont pas vos yeux qui jubilent à la vue de la courbe de son fessier, mais votre nez qui vous signale la complémentarité de certains composants de vos systèmes immunitaires (les sets HLA). Et ça c’est bon parce que…
En vous reproduisant avec des partenaires complétant vos propres apports immunitaires, vous assurez à votre descendance une meilleure défense immunitaire. Les générations se succèdent ainsi, maximisant les chances de se défendre contre des infections par des accouplements savamment orchestrés.
Vous comprendrez maintenant pourquoi tout ce tapage autour de la Saint Valentin et en général les trucs romantiques ça me fait doucement sourire. La Nature n’est pas romantique. En revanche, elle me donne de très bonnes réparties pour hameçonner le british apeuré : » Dis, mon nez me fait savoir que nos complexes HLA sont compatibles. Je pense que donc que dans l’optique de garantir aux futures générations des systèmes immunitaires dignes de ce nom, nous devrions copuler…euh, voulez-vous coucher avec moi ? »
Je l’ai promis et annoncé il y a de cela quelques heures sur la page facebook et le compteTwitter : le génial Pitoum me fait l’honneur de contribuer à une nouvelle rubrique sur HARDSciences. Sous forme de vidéos, il vous présentera des sujets scientifico-sexuels à sa façon, et toujours avec humour.
On commence donc cette série avec le méconnu clitoris : C’est quoi le clitoris ? Ça a quelle forme ? Comment ça marche ? Avec quelle pression digitale exacte dois-je titiller ma partenaire ? Toutes ces questions et plus encore sont répondues par Pitoum dans la vidéo que voici :
Alors ça vous a plu ? Pitoum nous fera le plaisir de nous proposer de nouvelles vidéos et si celle-ci vous a plu, je pense qu’il y a moyen que ce soit rapidement…;)